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"Le festin royal : un art culinaire d'exception" symbole de la monarchie française


Le repas de noces de Henri IV et Marie de Médicis.

Au seizième siècle, malgré es lois somptuaires de Charles IX, les grands festins conservent encore le prestige bizarre et la magnificence excentrique de cette magie culinaire qui aurait fort surpris Bobert-Houdin lui-même.

Dans la salle immense un éblouissement féérique d'argent et d'or. Des avalanches de fleurs rares, des torrents de lumière, un monde de parfums.

A chaque service, changent les somptueuses décorations de la salle. Toute srrrervie des mits les plus délicats et les plus succulents, la table s'élève tout à coup du plancher où elle disparaît ensuite pour surgir de nouveau dans une merveilleuse métamorphose.

C'est exactement de la même façon qu'entrent et que sortent tous les domestiques, toujours vêtus de costumes nouveaux, conformes aux décorations de la Table Royale.

Chaque service est un festin lui-même, salué par de joueuses fanfares auxquelles succèdent les flûtes légères et les mandolines italiennes.

De fastueuses dessertes des tables, qui se suivent, on régalerait une tribu.

A ce festin prodigieux ont collaboré par leurs œuvres exquises ces trois artistes incomparables : Le Ciel, la Terre et l'Océan. Les poissons les plus rares, les gibiers les plus délicats, les chaires les plus fines, les friandises les plus suaves sont arrosés parles plus fameux vins de France et d'Italie en tête le célèbre Jurançon aimé du Béarnais!...

Au dessert miraculeux qui annoncent les danses et les musique, la table immense se change tout à coup en parterre magnifique , en bouquet gigantesque composé de milliers de fleurs. Des sylphes et des nymphes, apparitions légères et charmantes , au troublant sourire, à la beauté divine, offrent en dansant des vins sans pareils, des fruits en sucre, mille friandises qui semblent être les produits naturels des sources, des arbres et des plantes de ce bosquet enchanté.

Pour compléter l'illusion on a peuplé ces parterres féériques d'oiseaux charmants dont on a doré la tête et les pattes, qui effrayez par les applaudissements des convives, s'envolent au plafond teinté d'azur avec tant d'art qu'on le prendrait pour le ciel lui-même.

Est-ce qu'on ne dirait pas une féerie de la Porte Saint-Martin ?...

On se demande combien pouvaient durer ces agapes nuptiales à la fois spectacle et festin…

Enfin, sous Louis XIV, on commence à saisir le ridicule grandiose et la magistrale extravagance de toute cette fantasmagorie culinaire. Le luxe insensé de la table subit les règles de la raison et du goût. Les sylphes et les nymphes s'en vont rejoindre dans le passé les jongleurs, les fous , les géants, les histrions ; et la magie culinaire disparaît avec ses coûteuses extravagances dans sa grotesque mythologie.

En ce château de Chantilly où reçoit royalement le vainqueur de Roeroy, un grand progrès se prépare , une révolution féconde et charmante s'accomplit : l'épée au côté et la mélancolie du génie au front, le grand Vatel apparait…

Et depuis Vatel, l'Art culinaire n'a cessé e s'étendre dans les voies riantes et parfumées de mille perfectionnements gastronomiques, cherchant toujours à remplacer la profusion par le choix, le faste par l'élégance, l'excentricité par la distinction , le caprice par le confort, l'extravagance par le bon goût.

Fulbert-Dumonteil.

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