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Les petites nouvelles : Potin restaurateur 1901


Ce simple titre me remet en mémoire le refrain que, d'une voix superbement fausse, chantait il y a trente ans, le joyeux patronnet Léchaudé, en promenant en ville tourtes dominicales.

" C'est Victor,

C'est potin

Qui s'en déplument, plument, plument"

Mais le potin dont il s'agit, ne se déplume pas...au contraire.

Dans l'une de ses dernières chroniques hebdomadaires, notre confrère Roucairol nous apprenait cette nouvelle un peu suffocante, que le grand épicier mettait une rallonge à son épicerie en y adjoignant la restauration. C'est son droit, sinon son devoir ; mais la liberté, liberté chérie, du commerce est pour tous, et il était presque logique que, après s'être improvisé pâtissier, Potin le grand, l'unique, s'improvisait cuisinier ou, du moins, restaurateur.

Ainsi, le succès de ses mirontons (tontaine tonton) et des coquilles Saint-Jacques, abondamment chapelurés, ne luis suffisent plus ; son ambition veut plus que les exclamations admiratives des ménagères, devant la salade russe à la mayonnaise (cette sauce, capricieuse comme une femme réussit si bien Potin, et la tête de veau en tortue, d'avec que des cornichons (sans cornichons le plat n'est pas classique. Potin vise la gloire de figurer sur les grands menus, de voir son nom accolé à de transcendantes préparations culinaires, et nous aurons sous peu , n'en doutez pas, le consommé à la Potin, la truite à la Potin, les suprêmes de n'importe quoi à la Potin, etc..>Et dire qu'il y aura encore des grincheux pour dire , et même écrite , que la cuisine est en décadence, même quand ronfleront les fourneaux du restaurateur Potin.

Le chocolat Potin pouvait encore passer, il est d'ailleurs excellent …en y mettant le prix ; mais parmi les auteurs culinaires qui sont en train de se révéler, quel est donc celui qui sera assez audacieux.. ou naïf , pour inscrire sur ses tablettes, les suprêmes à la Potin, qui feront de lui un objet de risée pour la postérité culinaire.

On pourrait supposer que ceci est un quelconque sujet, trouvé par 'L'homme qui lit" pour varier ses Echos ; mais voici, à l'appui, le passage de la Chronique signée de Roucairol.

"Monsieur Félix Potin informe sa nombreuse clientèle qu'à partir de ce jour, il va faire du Restaurant la maison Félix Potin portera en ville!!!

"Elle a des menus pour tous les prix , pour toutes les bourses, depuis la plus modeste jusqu'à la mieux garnie ; elle offre des dîners à 5 francs par convive, à 6 francs, à 7 francs, à 8 francs ; au-dessus, s'entendre avec l'administration parce que les prix varient.

3Jusqu'içi, nous avions été habitué par la maison Potin, patenté cependant comme magasin d'épicerie, vendre de la charcuterie, de la volaille, des fruits, du poisson, de la pâtisserie, etc. seule la profession de restaurateur n'était pas exploitée par elle.

L'Homme qui rit


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